Nature humaine conditionnée

 






           Etude de la nature humaine conditionnée.    

             ( 2ème et 3ème "strates" de la nature humaine )



 

   « Après un long processus ''d'évolution'', l'être humain a finalement produit une société au mode de vie insensé, dont les limites sont aujourd'hui atteintes avec la mise en péril même de sa propre survie et de toutes les espèces vivantes. Notre temps est désormais compté...

   Les modèles sociaux et économiques archaïques, alliés à l'avènement de la technologie et de la surpopulation, ont initié une spirale redoutable.

   En effet, ces modèles culturels et économiques sont ancrés dans un archaïsme destructeur, hérité de centaines de milliers d'années « d'évolution »; archaïsme qui cependant ne nous apparaît pas clairement. C'est là l'origine de notre incapacité à pourvoir aisément aux besoins de chacun et à vivre en équilibre avec la nature.

Ainsi, malgré son inclination naturelle et première à créer de l'harmonie et du bonheur autour de lui, l'être humain en est empêché dans les faits par la survivance d'un conditionnement relationnel archaïque, subliminal et inaperçu.
Quoique secondaire et plus superficiel que notre nature fondamentale, il reste néanmoins bien ancré en nous, vu qu'il est inconscient.

Ce conditionnement relationnel, asocial et archaïque, se répercute en un parasitage plus ou moins variable d'une culture à l'autre, et d'un individu à l'autre, selon le degré d'imprégnation. (Certaines attitudes peuvent être prédominantes, ou d'autres sembler absentes.)
Il affecte toutes les valeurs de l'être humain contemporain : aux plans relationnel, social, économique, politique, religieux, etc. »


 [  D'emblée, je mets en garde la lectrice ou le lecteur, contre tout défaitisme qui tendrait à penser que « la cause est perdue » et que le conditionnement ou instinct est indépassable... Il n'en est rien, la chose est parfaitement possible au contraire et nous l'exposerons dans la partie finale de l'ouvrage. ]




2 - Présentation du Conditionnement asocial archaïque.    

     ( 2ème "strate" de la nature humaine conditionnée )

 

   Aux premiers stades de la vie, les conditions difficiles de survie ont entraîné chez les êtres vivants, encore peu éveillés à l'entourage, une attitude plus ou moins auto-centrée : tout entière tournée vers la survie matérielle à court terme. Ce réflexe auto-centré a limité de-facto la capacité d'éveil et d'associativité, inhérente aux êtres vivants. Ceci étant variable d'une espèce à l'aure, et d'un individu à l'autre.

Enraciné dans le long terme, il en est résulté un phénomène d'isolation des individus envers leur entourage, de manière plus ou moins prononcée.

Il en est même résulté un phénomène aggravant : à savoir une attitude de non coopération et de concurrence tacite (à des degrés différents, selon les individus et espèces) impliquant diverses stratégies que nous allons exposer. Stratégies qui ont dégénéré en conditionnements et instincts.

 

Cette « erreur stratégique », je le répète, est essentiellement liée à un éveil insuffisant des premiers organismes vivants, puis de leurs descendants. Dans un contexte de survie matérielle compliquée, dans les premiers temps de la vie.

 

Cette situation d'insécurité et de concurrence permanente et durable a eu pour conséquence d'instaurer un instinct de Peur intérieure, au sein des consciences animales et humaines :

...la Peur pour soi, la Peur du lendemain, la Peur envers les autres.

 

La Peur conditionnée : stress intérieur profondément ancré dans la psyché, a dès lors déterminé en l'individu et en la société tout un enchaînement malheureux de conditionnements relationnels
 
sécuritaires : stratégies-réflexe à court terme, mais hélas inadéquates et dangereuses pour tous en finalité.

...Attitudes quasi-instinctives, présentes à des degrés variables, individuellement et collectivement.

Et dont on peut dire assurément qu'elles représentent toute la structure de « l'égo » et de la violence en l'individu.

 

[ Nous trancherons plus loin la question de savoir s'il s'agit là d'instincts ou de simples conditionnements culturels. Disons d'emblée que les deux possibilités existent, et que certains instincts ne se développent que s'ils sont culturellement stimulés.    
Ou : ''semi-instincts
instincts latents''. ]



   On notera au passage que chaque conditionnement est le prolongement du précédent.

Voici donc les conditionnements asociaux et archaïques de base :    (articles a à d.)

( en réponse à la Peur relationnelle )

 

a )   Stratégie de fuite et de dissimulation de soi :

       réponse première inhérente à la Peur. Evitement, fuite, non-associativité.

      On ne se livre pas, on évite l'autre, on l'ignore.

      On se désolidarise au lieu d'être ouvert.




b )   Instinct d'agressivité et de domination :
  

       c'est l'attitude qui consiste à user d'une supériorité 
quelconque pour se sécuriser ou s'imposer, aux dépens d'autrui.
       Supériorité physique, ou dans les connaissances, le savoir-faire, ...etc.

 

[ à noter : user de la force face à une agression, de manière défensive et adaptée, ne relève pas de l'agressivité dès lors qu'il n'y a pas d'autre alternative.]

 

   A l'origine, c'est surtout la supériorité physique qui prévalut, conduisant à des affrontements et à de la violence extériorisée. Cela peut se limiter à vouloir impressionner « l'autre » et à lui communiquer de la peur. Domination ou destruction d'autrui, physiquement ou psychologiquement.

Dans la même lignée s'inscrivent les attitudes de recherche de pouvoir, de leadership et de hiérarchie, de prédation envers l'autre, de non-associativité et de non-coopération assumées, d'ambition personnelle et d'esprit de concurrence, le fantasme de puissance, de statut supérieur envers autrui, etc.

L'Agressivité endosse des formes nombreuses et subtiles.

 



c )   Instinct d'appropriation et d'accumulation :


       ce sont les possessions arbitraires. L'utilisation en termes d'exclusivité d'un territoire, d'un lieu, d'un bien matériel, d'une personne, etc, qui vous conviennent, au lieu d'envisager un accès libre et intelligent à ceux-ci. (...ce qui ne veut pas dire, pour autant, que l'on ne puisse avoir aucun objet personnel.) C'est la racine principale du matérialisme, son corollaire fatal.

A noter : posséder, c'est implicitement exclure « les autres ».

 



d )   
Instinct de Groupe : (ou :  instinct grégaire, instinct tribal, instinct de meute, de troupeau,
                                                                                                                               etc)
 

 

   Ne pas rester isolé mais se protéger au sein d'un groupe est un réflexe élémentaire pour un individu en proie à l'insécurité. On s'y sent non seulement plus protégé (attitude défensive) mais aussi plus puissant (attitude offensive).

Ce comportement s'observe couramment dans le monde animal.

   Sans les développer ici, on distingue deux formes : ''l'attitude grégaire'' et "le regroupement d'intérêts individuels'', qui comportent de nombreuses similitudes. Ils formatent la vie de chacun. 


   Il ne s'agit plus ici de coopération sincère ni de faire équipe, mais avant tout d'une recherche de sécurité et d'intérêt personnel, au sein d'un Groupe auquel je m'identifie Cela... dans un climat de Peur individuelle, d'isolement et d'insécurité généralisées. Ainsi, mon propre Groupe se montre relativement  hermétique voire fermé envers les autres Groupes.

 

Un tel instinct de Groupe, hélas, sous-tend, impose et implique, tout ou

partie des conditionnements suivants :

 

. des valeurs arbitraires :

intérêts archaïques mis en commun, en guise de

solidarité... et imposés à tous ( = perte de liberté et d'intelligence ).

 

. conformisme et soumission

de l'individu à ces valeurs, sous

peine de rejet ou d'exclusion ( = Peur individuelle réactivée).

Il doit se montrer contributif envers ce tronc de valeurs + ou – arbitraires.

 

. Autorité, hiérarchies, leadership et Pouvoir 

 ...expressions des instincts d'Agressivité  individuels)
 règnent au sein de ce Groupe archaïque.

Il en est résulté un conditionnement-réflexe de soumission à l'Autoritéou bien de vouloir l'exercer.


   Culte, admiration instinctive et immodérée envers le leader, le personnage dominant censé vous protéger et vous guider (mais qui songe avant tout à son intérêt propre). Le besoin névrotique de sécurité se trouve gratifié inconsciemment. Cela vaut non seulement pour les leaders, mais pour les célébrités en général à qui l'on voue un culte. Le sentiment trompeur de familiarité avec l'image célèbre s'ajoute innocemment et emporte la conviction.



.
 appropriation et conquête d'un territoire. 

 

. et autres archétypes du tribalisme :

sectarisme, réserve et hostilité 
potentielle envers l'extérieur : envers « l'autre Groupe » et envers « celui-là qui n'est pas de mon Groupe ». Hermétisme très marqué de la structure de Groupe.

 

. effigies, image de marque extérieure, coutumes et traditions obligées,


   habitudes ancrées,
sécurisent faussement par leur caractère sûr et

répétitif... et sont autant de valeurs supplémentaires qui achèvent de

donner une cohésion fictive au Groupe, et dont se réclament les leaders !

C'est le conformisme et l'identité obligés, indépendamment de la valeur

culturelle et morale.

 

   Car, notons-le bien, la structure de Groupe en tant que telle, l'esprit de Groupe, n'ont rien en commun avec la solidarité pure. Il s'agit d'une « solidarité » très limitée et intéressée, qui parasite ou prend la place de l'empathie réelle entre les gens.  Il ne s'agit pas ou plus de faire équipe, mais de former tribu.

   Le Groupe archaïque repose fondamentalement sur l'intérêt personnel né de la Peur, de l'isolation individuelle, et d'une vision sécuritaire à court terme.
Et non point  la conscience de l'Autre, l'estime de l'Autre, la fraternité, qui elles génèrent des liens de liberté, au lieu d'une dépendance au Groupe.

   Cet instinct de Groupe se répercute ainsi dans tous les domaines de la vie : social, relationnel, politique, économique, religieux, éducatif, professionnel, sportif, etc...

Il se superpose inconsciemment aux relations humaines et fragmente l'inclination naturelle de l'être humain ( de la Vie...) à développer des liens de sympathie et d'égalité envers tout un chacun. 

   Soyons clairs : que des individus vivent rapprochés les uns des autres en une société informelle et harmonieuse, non hermétique, ne constitue pas un problème en soi, bien au contraire.
Car l'on peut s'associer, faire équipe, créer une collectivité harmonieuse et ouverte, sans jamais former tribu ni céder à ses archétypes. 



   En résumé, les problèmes surgissent parce qu'un Groupe s'est constitué, sur les bases suivantes :
 

. Peur individuelle dans un climat d'insécurité et de concurrence ambiante, 

. possibilité de mieux se protéger en unissant ses forces avec d'autres ( relations

privilégiées, qui impliquent l'exclusion d'autrui – attitude tribale).

. la coopération individuelle reste limitée aux intérêts directs et indirects propres à

chacun (règle du « donnant-donnant », rapport de forces )


 Conclusion : subsistance de l'instinct d'isolement et de concurrence à l'intérieur de

l'individu, et donc du Groupe.

C'est le Peur automatique, profondément ancrée. 

 




 3 -  Décrivons à présent  les  Conditionnements asociaux contemporains.         
                                                       ( 3ème "strate" de la nature humaine...)