Relation à la Nature et à l'Univers.


 

              « De l'observation de la nature émane toute vérité.»

 

                                                                             (dicton nomade)

 

 

 

       Une vie d'une richesse exceptionnelle habite la planète Terre. 
       Celle-ci, suspendue quelque part au tréfonds de la nuit, voyage à travers l'Univers et contribue à le façonner.

   Etranger à toutes ces dimensions, happé par ses obligations, l'être humain courant s'affaire à toute autre chose. Un brouhaha, un bruit de fond occupe sa psyché et brouille sa sensibilité... Il ne voit plus que par intermittence et son destin lui échappe... Ni la beauté de la nature, ni les dimensions stupéfiantes de l'Univers, ni sa nature humaine profonde ne lui apparaissent plus clairement. Un malaise insatiable a pris le commandement de lui.

Le lien naturel s'est ainsi distendu et le plus souvent rompu.

 

 

Rupture du lien naturel.

 

   Nous avons déjà expliqué l'origine de ce conflit intérieur, inhérent à une nature humaine conditionnée. Reportons-nous pour cela aux premières pages de ce site/livre.

   Une conscience limitée, un conditionnement puissant de peur, puis de domination et de prédation, s'est développé au fil des âges envers la nature. L'anthropocentrisme s'est ainsi affirmé chez une majorité d'être humains :c'est à dire l'instinct de Groupe prioritaire à l'échelle de l'espèce, envers les autres espèces vivantes.

L'avènement de la technologie et de l'industrie, l'explosion des villes et de leur population, l'embourgeoisement, ont encore renforcé cette coupure et cet isolement. Des millions de citadins ont perdu la conscience directe de la nature, la perception de sa vibration et de son sourire intime. L'âme de la vie s'est considérablement estompée, et le lien social en fait partie...

   En se coupant de la nature, on se coupe de sa propre nature et de sa relation à l'Autre. La sociabilité est mise à mal. Un mode de vie dangereux et des relations humaines conflictuelles en résultent fatalement. Un cycle de dégénérescence se met en place. Aux méfaits du conditionnement asocial archaïque s'ajoute de nos jours la puissance destructrice de la technologie, alliée à la surpopulation. La nature est en déperdition, car l'économie humaine, concurrentielle et prédatrice (baptisée ''Croissance'') ne lui laisse aucune chance.
   Sous-estimer ce facteur, cette remise en question profonde, économique et politique, est une erreur fatale. On continue de foncer, plus ou moins vite, dans la mauvaise direction ! C'est que notre vision archaïque se focalise sur le court terme : 
comment oser remettre en cause l'ensemble des paramètres, les formatages socio-économiques baptisés à tort de «réalisme»... 
Or, se couper de la nature, c'est se couper de la réalité.
cqfd 



   Lorsqu'on ne ressent plus la nature, quand on fait abstraction de celle-ci, on la détruit à petit feu sans même le remarquer. Cette rupture du lien naturel est l'arrêt de mort de l'humanité et de l'individu. Mort physique programmée et mort intérieure aussi. D'où le mal-être perpétuel de l'être humain, quand il s'agit de vivre en harmonie socialement et de trouver un équilibre intérieur.



Renouer le lien naturel.

 

   Il n'est pas compliqué d'éveiller les enfants à la nature car ils en font pour ainsi dire partie.

   Mais comment éveiller l'adolescent ou adulte à une sensibilité qu'il a perdue ? 
Son mode de vie urbain, l'éducation intellectuelle et abstraite qui l'a formaté, une économie matérialiste et productiviste, trop spécialisée, l'intrusion permanente des médias et de l'électronique, l'en ont presque détourné à jamais. La nature n'est plus qu'un matériau, utile ou décoratif, dans sa vie quotidienne. Mais avoir une estime réelle, non abstraite, envers elle, c'est tout autre chose...

Cela suppose une immersion et une humilité que peu d'entre nous savent mettre en oeuvre ( mais qui vient naturellement si l'on sait faire preuve de patience).

   L'hyperbole de l'intellect et ses chimères occupent toute la place. Notre érudition ou nos distractions ont pris le commandement de l'âme. Nous sommes ignares de la nature, non pas en nombre de connaissances (utiles mais secondaires) mais en tant que... savoir rester auprès d'elle.

C'est qu'on nous a préparés à toute autre chose ! Notre éducation porte peu sur la présence et l'immersion dans la nature. La poésie directe, la sensibilité à celle-ci, ne sont pas éveillées dans notre système scolaire occidental. Même l'agriculteur, le plus souvent, ne voit dans la nature qu'un gagne-pain, un milieu qu'il domine, sans jamais s'imprégner intimement de celle-ci. 

Le conditionnement est si fort en nous qu'il nous absorbe sans relâche dans des préoccupations sociales récurrentes, matérialistes et vaines. Nous ne sentons pas l'urgence de nous soustraire à ce mode de vie et l'on ne s'y emploie pas.

 

...L'entendre, la voir, la ressentir, sans la peur de l'inconnu, sans la peur de s'ennuyer ni d'affronter notre vide et nos problèmes. Non pas en une contemplation stéréotypée et factice, mais par un lien intérieur humble et vivant.

Tout cela peut renaître, et il le faut. Car sans ce sentiment intime de communion et d'un destin commun, l'élan prédateur et sécuritaire de l'être humain ne se remettra pas en question ; il ne suspendra pas son élan, il ne s'éteindra pas. 
Le grossier être humain fera-t-il enfin le pari de la sensibilité et de l'équilibre ? Une autre éducation pourrait nous y aider...

   L'humilité est l'humus de l'humanité et des relations humaines. Elle permet le retour à la Terre, à la bonté et à la Vie. Sensibilité à la nature et compassion envers autrui.

Aucune philosophie, aucune morale surimposée, aucun système politique ou religieux ne pourront remplacer cette humanité naturelle.

En l'absence de cette humilité intérieure, l'habileté intellectuelle déploie sa mécanique implacable au service d'un égo formaté et aveugle. Un monde redoutable en résulte, étayé de faux concepts et d'idéologies en tous genres.

Il nous faut réamorcer la dynamique de Vie, pour enrayer la dynamique de destruction et nous extraire de ce tourbillon.

   Le retour à l'humilité de l'esprit et à la nature est nécessaire, indispensable pour désamorcer l'élan prédateur et l'arrogance de l'être humain. Elle autorise l'épanouissement du coeur et un tout autre mode de vie.



« La Nature » est-elle violente ? L'homme est-il violent ?

 

Non, elle n'est pas violente intrinsèquement.
Mais nous en avons fait un concept fourre-tout où se mélangent tous les préjugés et croyances. Il faut distinguer 
la Nature profonde de la nature, et la différencier de la nature conditionnée et fourvoyée, contre-productive quant à elle.
 

   Dans ce que nous appelons ordinairement « la nature », il y a la Nature elle-même, la dynamique de Vie à même de créer du lien, de la cohérence et de l'harmonie ; et puis il y a la violence dans la nature. Deux visions de la nature que nous avons confondues et amalgamées ensemble.

La violence est due à un manque d'éveil et d'intelligence réciproque entre les espèces et individus, et aux conditionnements et instincts de Peur/insécurité qui en ont résulté.

La Nature de la nature, la dynamique de Vie, n'est donc pas agressive en soi bien au contraire.

 

   De manière ancestrale, l'être humain naissant s'est coupé de la nature, car trop affairé dans sa lutte pour la survie et parce qu'il la craignait : difficultés matérielles à survivre, calamités naturelles mal maîtrisées et mal expliquées ; mais aussi bêtes sauvages, tribus hostiles, etc.

Il est à noter que la tendance perverse à exclure ou agresser "l'autre" varie d'un Groupe humain à l'autre, et qu'il y a culturellement des différences de degrés. Mais l'instinct de Groupe est violence en soi : il peut aisément migrer d'une violence modérée à une violence virulente, à l'insu de tous, par le truchement de leaders, d'un changement de valeurs, plus ou moins violentes, et par la seule pression ambiante du Groupe sur les individus (peur d'être exclu et donc soumission à l'opinion majoritaire).
Il faut voir dans cet instinct une erreur stratégique, et c'est ainsi que les Groupes humains les plus pacifiques en apparence (les moins conditionnés) se laissent parfois contaminer par une surenchère de violence.

   Les Groupes les plus violents ont très souvent éliminé les autres... qui néanmoins ont existé un certain temps ! 
En outre, individus ou cultures les plus violents finissent par se combattre ou par s'exterminer mutuellement, ce qui réfute la validité et l'exemple de leur mode de vie, au nom de quelque «sélection naturelle» mal comprise. On ne saurait instituer sérieusement l'idéologie du plus fort comme étant la plus viable... Et cependant, notre économie et notre politique persistent dans ce sens.

   Ainsi donc, l'instantané de « l'Homme », à une quelconque époque, ne rend pas compte de la totalité des cultures humaines. Dans l'ensemble, les cultures humaines sont violentes car dans l'ensemble ces cultures humaines sont conditionnées.
Sortir de la violence est donc possible et représente la seule solution viable.

 

   [ Certains anthropologues, subissant la pression sociale, soucieux de garder l'estime des collègues scientifiques ou de l'opinion courante  (''Crainte d'être marginalisé et exclu, au sein d'un Groupe'' /cf : L'instinct de Groupe, et l'Idéologie) tentent d'édulcorer la réalité : ils soutiennent que la violence est mauvaise mais que l'agressivité par contre est bonne et nécessaire. 
On appréciera ce contre-sens malheureux, et un grand écart désespéré pour ne pas tout remettre en cause et conserver sa place au sein du consensus idéologique ( = au sein du Groupe archaïque).

   L'agressivité est définitivement l'une des formes les plus crues de violence (elle en est la forme active, tandis que l'ignorance de l'autre, l'indifférence, en est la forme passive). On ne doit pas confondre l'agressivité avec l'usage de la force en tant que défense légitime et proportionnée. Je renvoie au passage intitulé ''Instinct d'agressivité et de domination'', où nous avons défini ces notions  (cf : La nature humaine conditionnée).

    * Il importe de comprendre que, la violence, c'est l'ensemble des conditionnements archaïques et contemporains, tels que décrits au début de cet ouvrage et le plus souvent inconscients

     

   Cette question semble dépasser le cadre que s'est fixé l'anthropologue et toucher à la philosophie, à laquelle je m'empresse de la dérober, pour relever au final du seul bon sens humain (qui trop souvent échappe aux philosophes, bardés d'érudition et d'idéologies tacites). Trop de disciplines ainsi compartimentées n'ont pas permis l'avènement d'une intelligence équilibrée et universelle.

   Au reste, la dame anthropologue que j'entendis parler de la sorte était fort pertinente par ailleurs et je ne la fustige pas méchamment.
Mais il est vrai qu'à soutenir trop la vérité on s'expose à perdre l'estime de ses collègues, sa bourse d'étude et son gagne-pain, et son prestige social en général. L'on se retrouve mis(e) au ban, snobé(e) par toute une intelligentsia bien-pensante, outrée de voir chahutés son statut et ses thèses... ]

 

   Il convient donc de nuancer selon les époques et les cultures, lorsqu'on établit à tort que « l'être humain n'est pas violent » ou bien « qu'il est violent ». Ne soyons ni manichéens ni simplistes dans nos théories, et gare à l'idéologie favorable à notre petit statut, à notre petit entourage !

   Avant même l'établissement de l'agriculture, de la sédentarisation, de la propriété privée, ont existé des territoires de cueillette ou de chasse et des hiérarchies de Groupe, au sein des sociétés humaines. Des conflits et de la violence en ont pu résulter. 
De même que, ici et là, ils ont pu ne pas exister, ou très modérément, au sein de certaines cultures plus heureuses et associatives.

   L'être humain n'est donc pas fondamentalement violent, «mais il l'est superficielle-ment et suffisamment» pour qu'on envisage la possibilité de le rendre moins méchant. 
Et ceci, avec de sérieuses chances de réussites si l'on s'y attelle intelligemment. 



La prise de conscience écologique n'est-elle pas de nature à inverser la vapeur ?

 

   Non, car elle est très insuffisante : elle reste à un niveau verbal et abstrait.

   Les actions entreprises sont trop superficielles et n'enrayent pas le rouleau compresseur que représentent notre mode de vie et notre modèle économique (qui n'en est point).

   Nous l'avons vu, notre économie marchande et productiviste est prédation par nature ; et l'on ne peut apprivoiser cet ogre avec de bonnes résolutions... 
C'est un contre-sens et une illusion de plus au sein de l'idéologie marchande. Nous sommes piégés dans ce modèle archaïque de société.

L'aveuglement est généralisé au sein d'une telle société, soumise à l'individualisme et à l'économie mercantile. Dès lors, l'écologie politique procède majoritairement du catéchisme et des bonnes intentions. 
Les mesures prises seront toujours très insuffisantes, dès lors que l'on s'entête dans l'économie marchande de domination, d'appropriation et d'accumulation.  
Cqfd

L'écologie a vocation à disparaître au sein d'un projet humain dans toutes ses dimensions : économie réelle, démocratie réelle et écologie réelle, qui ne font qu'une en réalité. On s'en était douté... 
Il faut très vite jeter les bases d'un autre mode de vie.

 

   Hélas ! les ambitions personnelles, les avantages acquis et à court terme, sont un frein redoutable et s'entêtent à ne vouloir rien changer, ou si peu, ou si lentement... 
Telle une locomotive qui toujours s'obstine dans la même direction. Voilà bien le conditionnement.

Les mesures écologiques superficielles sont utiles mais très insuffisantes, ne faisant que retarder un peu l'addition finale. L'économie archaïque, la politique archaïque, sont ainsi et ne peuvent produire d'autre résultat : en dépit de l'écologie affichée, la nature sera toujours la dernière roue du carrosse !

La destruction du paradis est sur orbite.

 

   Si donc nous voulons sauver la nature  - et nous le voulons -  il nous faut prendre en compte la totalité de notre organisation sociale, telle qu 'elle s'est façonnée au fil des âges. Quand la prise de conscience est complète, non partielle et illusoire, il est commode de repartir sur des bases saines.

   Cela commence à une échelle locale, bien sûr, où démocratie, économie et écologie se confondent ; reprennent leur dimension réelle, unifiée, délivrées des stigmates de la sauvagerie et du repli sur soi.



 

                                                                           *

 

 

PREDATION / POLLUTION / RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE ,

 

ou : La limite absolue, La fin de l'histoire.



   L'être humain courant est un prédateur à court terme. Il s'est ainsi conditionné. 
Il manque de recul sur sa propre conservation et ignore ce qui est bon pour lui.

Il fait preuve d'une ignorance crasse quant à sa conduite et aux conséquences à moyen et long terme sur :

 

- la nature pillée et polluée ; le réchauffement climatique fatal.
 

- sa propre santé et son corps (nous l'évoquerons plus loin) : l'utilité à court terme d'une quelconque pratique ou invention l'emporte aveuglément sur les dangers à moyen terme pour sa santé. On ne veut pas savoir ni entendre.

   Preuves de son immaturité et d'un conditionnement ancré.

 

   Il y a 12000 ans, 3 à 4 millions d'êtres humains seulement occupent la planète Terre. L'impact de la prédation humaine et de ses conditionnements n'était pas évidente.

Aujourd'hui : 7 milliards ou plus d'êtres humains conditionnés et industrialisés ont induit une dévastation accélérée de la nature dans son ensemble, toutes espèces confondues. On peut véritablement parler d'une régression de la vie sur terre, où chaque espèce qui s'éteint entraîne progressivement la disparition d'une autre...

La lenteur apparente du processus induit en erreur l'homme affairé dans sa routine ordinaire. De façon théorique et abstraite il se dit « conscient », mais ne fait rien pour remettre en question son mode de vie et ses valeurs caduques. Le temps passe, les espèces vivantes agonisent.

   Les « préoccupations écologiques » entretiennent l'illusion que l'on s'occupe des choses, mais la réponse est trop superficielle et trop lente. Chez les vieilles générations, le temps de mutation est d'environ 20 ans (!), s'agissant de faire émerger une réforme sociale importante... C'est pourquoi on ne peut compter sur des cerveaux archaïques pour réformer sérieusement la société. Leur mode de pensée s'inscrit dans le temps long de l'être-humain archaïque et conservateur.



                                                                                     *


   L'avènement de la technologie, à la fin du 19ème siècle, a enclenché le processus de destruction à grande échelle. Puis, l'explosion de l'ingénierie dans tous les domaines techniques et chimiques, à partir des années 60, ont suscité une accélération féroce de l'idéologie de puissance et de contrôle de la nature. Le nouvel être supérieur étant l'ingénieur, le scientifique, le technicien ou le chimiste.

Les scientifiques, à l'image des commerçants, se sont faits prendre au piège et sont devenus complices d'avoir à produire à tout prix du résultat et des profits pour justifier sa rémunération. L'instinct de sécuriser le gagne-pain, et une position sociale en vue, a pris le pas sur les considérations morales et objectives chez la plupart d'entre eux. Scientifiques et techniciens se sont inscrits dans la philosophie étroite d'une économie prédatrice, sans rechercher d'alternative heureuse à ce mode de vie... C'est là leur responsabilité.

Il est vrai que l'idéologie ''scientiste''  - la toute puissance du scientifique, intronisé surhomme -  se superpose parfaitement à l'idéologie de puissance et de conquête économique des industriels. Un tel scientifique, prisonniers de schémas primitifs, auréolé de son statut, se refuse à voir que sa technologie récente est un outil redoutablement « efficace »... pour tout mettre en pièces à court terme. Mais tout cela est terriblement infantile et irresponsable. 
   Science et technologie sont une bien belle chose entre les mains d'un(e) sage, mais entre les mains d'un homme conditionné, fanatisé matériellement, pétri d'idéologies inconscientes, la fausse science se mue en arme de destruction massive.

   « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » (Rabelais)...
 encore et toujours.


                                                                                      *


   Dans les pays industrialisés, l'économie du pillage organisé induit des masses irresponsables, jouissant en abondance de biens matériels qu'ils n'ont pas fabriqués, et coupés de la nature qui les leur a procurés ! A quelque égard, une génération monstrueuse s'est créée, à son insu, triomphante et arrogante, inadaptée à la survie en dehors du mode industriel. (Nous ne fustigeons pas ici les gens en tant qu'individus, mais le système qui a induit ces comportements.)

La vision archaïque d'une nature inépuisable, tout spécialement destinée à la consommation de l'être humain, prévaut encore chez le commun mortel. L'appétit de l'homme embourgeoisé est illimité : sa Peur du lendemain s'est mue en avidité, sous l'effet du conditionnement.

Une quête désespérée du bonheur s'est fourvoyée dans la consommation telle une fin en soi...

 

   Nous venons de le voir, à quelque niveau de la société que ce soit, la « niche économique et sociale » ( l'os-à-ronger archaïque...) fait que l'être humain se refuse à changer de mode de vie et d'organisation sociale. La prédation à court terme prévaut encore au fond des consciences animales.

«Renoncer à mon statut social, à mon gagne-pain prospère, vous n'y songez pas ? L'argent rentre... mon prestige est établi !»    Jamais on ne renonce à un quelconque procédé qui fait rentrer l'argent ou qui vous élève sur un piédestal,  au-dessus de vos semblables... quand bien même ce mode de vie est injuste, stupide voire criminel envers ses voisins, envers «les autres», envers la planète et toutes les espèces vivantes. Voici le vice de notre organisation sociale. Le vers est dans le fruit.

Alors qu'il y a bien d'autres solutions pour vivre mieux en harmonie.



      Le réchauffement climatique...  est l'un des pires scénarios qui pouvait se présenter à l'être humain archaïque. Car il induit un temps long auquel ''homo-sapiens'', prédateur à court terme, n'est pas sensible. Des atermoiements à court et moyen terme lui semblent possibles, qui auront pour effet d'enclencher la bascule climatique, sans que l'on s'en rende compte dans le temps présent.

L'effet de seuil : qui empêche un retour en arrière et condamne à la disparition une grande partie de la vie sur Terre. Non point un catastrophisme gratuit, mais une hypothèse très plausible hélas. Un effet de latence, un débit différé, qui fait que l'on subit les effets du réchauffement des décennies après les avoir engendrées...

   Compte tenu du statut quo, de la suffisance affichée dans son mode de vie actuel, on peut craindre que l'être humain disparaisse dans le réchauffement climatique, largement sous-estimé. Ses conséquences vont croissantes, elles sont exponentielles sur des décennies mais encore peu visibles au temps présent. Elles s'abattront plus massivement d'ici 100 à 300 ans, quand il sera trop tard évidemment pour l'infléchir.  «Mais après moi, le déluge !» 
L'atmosphère se réchauffe doucement en apparence, telle une cocotte-minute, puis, tout-à-coup, accélération dramatique. A quoi s'ajoutent les paramètres non pris en compte actuellement ou sous-estimés. 
La raréfaction des espèces végétales entraînera des famines sans retour, où disparaîtront en cascade quantités effrayantes d'espèces animales et d'êtres humains. Mais c'est toute la biosphère qui nous intéresse, y compris l'humanité.
 

     Comme on aimerait se tromper... mais ça n'est pas notre rôle de sous-estimer une telle probabilité. On ne peux que la confirmer.

   «Les scientifiques» tirent la sonnette d'alarme, trop mollement : pour l'heure, ils ne souhaitent pas s'engager davantage par crainte d'être snobés ; une réputation, un poste, sont en jeu. Et puis, ils ont une vision de techniciens, trop limitée face à l'ampleur d'une mutation de société. Ils n'ont pas été formés à faire preuve d'un courage social. La conscience morale reste une chose abstraite.

   Il ne s'agit plus d'un défi technique pour l'humanité, mais d'un défi moral sans précédent qui lui impose de se remettre en cause : opérer un plongeon résolu au fond de sa nature humaine et une révolution, radicale et rapide dans son mode de vie. 
Le pessimisme s'alimente de ce que l'être humain est très lent à modifier sa culture et ses comportements, quand bien même il en reconnaît la nécessité. Il lui faut couramment vingt ans pour changer un simple comportement... Alors, changer de culture ! 
   L'espoir réside en la jeunesse, quand elle réalisera qu'elle s'est faite « arnaquer » par l'égoïsme des anciens (pas tous...).

 

   Au-delà d'un certain nombre d'êtres humains, relativement innocents à cette tragédie, c'est aussi la disparition de tant d'autres espèces vivantes qu'il nous faut pleurer à jamais.

   - Mais peu importe ! pour les esprits cyniques et benêts, et pour les petits bourgeois confortés dans l'étroitesse de l'égo : après moi, le déluge...  ou encore : ...l'Homme s'en sortira toujours ! clame-t-on de façon irréaliste, invoquant la toute-puissance de l'Homme, et faisant solde de tous comptes de la souffrance d'autrui.

Tiédeur et fantasme de puissance produisent les tragédies présentes et à venir.

 

  Paradoxalement, c'est l'instinct de survie, de sécurisation individuelle à court terme, dévoyé et sur-investi en traumatisme, qui menace aujourd'hui la survie de l'espèce et de la vie sur Terre !...



   Cela lui pendait au nez... L'être humain dominateur et prédateur, imbu de lui-même et dirigeant le monde, a toujours couru vers l'auto-destruction.

C'est la fin d'une belle histoire qui se profile ; programmée, conditionnée.

« Celle de l'être humain ? »  Non.

   ...la fin de l'odyssée de la Vie, et de tant d'espèces vivantes et individus - y compris l'être humain.

   « Mince...! si les humains pouvaient sortir de leur léthargie morbide... Comment les réveiller... Ce sont les vieux esprits qui décident de tout ! »


        ' Eh, la jeunesse,

         c'est notre Vie

         qu'ils jouent à la roulette

         avec leurs vieux systèmes...

 

   Pas de boulot, et maintenant pas de planète pour vous ! 

   Après eux ?  « Rien, démerdez-vous... »




L'homme et l'animal.

 

   L'homme est un animal. 
   Mais il est encore anthropocentrique et s'accorde un statut privilégié au sein du règne animal.

   L'Anthropocentrisme, c'est l'instinct de Groupe archaïque et prioritaire à l'échelle de l'espèce. 
   En l'occurrence, la domination assise sur les autres espèces. Or, on ne saurait dénier leur dimension d'êtres vivants et sensibles aux autres formes de vie. Créer des séparations aussi rigides est dangereux et faux. Car l'être humain n'a pas le monopole de l'humanité, ni l'animal celui de la sauvagerie.

C'est une contradiction terrible que d'accorder une sensibilité aux animaux de compagnie que nous chérissons, et de la dénier aux autres ! Mon dieu...


   Pour de nombreuses personnes, même « scientifiques », l'animal ne serait qu'un ramassis d'instincts, à l'inverse de l'être humain !

Nos croyances et pratiques ancestrales ont réduit l'animal au rang de chair alimentaire ou d'un objet sans âme, sans conscience nous dit-on ; mais est-ce bien raisonnable ?

Nous ne stigmatisons pas ici ceux qui mangent de la viande, par habitude culturelle, pas plus qu'il ne faut assimiler le régime végétarien à un comportement douteux ou hystérique.

Nous essayons de susciter une ouverture d'esprit, et il est bon d'échanger des points de vue sans animosité. Sur ce chapitre, chacun fera ensuite comme il le sent, en se donnant le temps d'y songer.

 

   La dynamique de vie est très développée chez l'homme comme chez l'animal, l'être humain étant d'ailleurs un animal. 
Les animaux sont nos frères et nos soeurs et l'on ne saurait attenter à leur vie à la légère. La vie leur est aussi précieuse qu'elle l'est à nous-mêmes.

Que de nombreuses espèces animales se mangent entre elles ne doit pas laisser à penser qu'il y va là d'une règle universelle et sacrée, édictée par dieu ou par les lois de la nature. Le fait est que, une fois conscients du sort de l'autre, nous sommes libres de ne plus manger d'animaux. La chaîne animale et l'équilibre écologique n'en souffriront pas, bien au contraire. Ce changement de régime n'est guère compliqué et, jusqu'à une période récente de son existence, l'être humain fut essentiellement végétarien.

Nous sommes donc parfaitement adaptés à ce régime.

   Pour finir, il est prouvé qu'un régime végétarien équilibré ne suscite aucune carence, cela est désormais avéré (et François Couplan, botaniste de longue date, en atteste lui aussi). Prétendre le contraire relève de l'ignorance et d'une croyance archaïque appliquée au monde médical. Les bienfaits d'un régime végétarien, y compris pour notre santé, sont de plus en plus vantés. Enfin, la cuisine végétarienne (ou végétalienne) peut être aussi succulente, et l'on peut même transposer ses recettes confectionnées hier avec « la viande ».

   Outre la brutalité des conditions d'élevage et de l'abattage, l'élevage animal participe de manière dramatique à l'émission de gaz à effets de serre et à la déforestation. Tout cela est désormais connu.

 

   La méconnaissance de la sensibilité animale est, encore une fois, fruit de l'ignorance et du repli sur soi anthropocentrique. Traiter l'animal comme nous le faisons en dit long sur notre capacité d'humanité et sur l'éveil insuffisant de notre conscience. Si nous étions l'homme évolué que nous croyons, notre sensibilité aux animaux serait exemplaire, sans idéologie, ni pour l'homme ni contre l'homme. Aimer l'autre, c'est aimer l'homme et l'animal en même temps.

   Ainsi, l'être humain n'a pas le monopole de l'humanité, loin s'en faut, pas plus que l'animal celui de la sauvagerie. Homo-sapiens, nous l'avons exposé, est loin d'être aussi sage qu'il s'est cru. Et l'on rencontre couramment des animaux bons et humains, de même que des humains malveillants et sauvages.

 

   L'animal n'aurait pas d'affect, pas d'âme, pas d'amour ni d'humour ! uniquement « des instincts et de l'attachement »... soutiennent ceux qui le connaissent le moins et qui ne l'ont observé que par la fenêtre des préjugés. Tout cela est démenti par ceux qui vivent au contact rapproché d'animaux, familiers ou sauvages. Par des codes et des langages différents, de nombreuses espèces expriment une sensibilité comparable à la nôtre. Une même vie intérieure, une même conscience tente de se faire jour au sein des consciences animales. La même odyssée de la Vie est en marche et devrait nous interpeler.

...Mais aussi, les mêmes conditionnements associés de Peur régissent encore le monde animal. A la dynamique de Vie se superposent des instincts archaïques et asociaux, plus ou moins développés d'une espèce ou d'un individu à l'autre, comme exposé au début de l'ouvrage.

 

   Les animaux ont donc une conscience, et comment en serait-ils autrement, puisqu'ils sont vivants et heureux d'être en vie. La Vie est conscience et cette conscience mérite d'être respectée : c'est la nôtre. Il est impératif de ne pas la faire souffrir inutilement. La manière dont l'être humain aura traité les animaux lui sera décomptée. Comment nous aurons traité les êtres sans voix, sans statut, animaux ou humains, voilà qui fera notre grandeur ou notre bassesse, notre dimension morale et humaine.

 

   Notre habileté intellectuelle n'a pas fait pas de nous des êtres intelligents et supérieurs. Elle n'est qu'un outil cognitif ; elle peut agir autant pour le meilleur que pour le pire.
L'homme, enfermé dans son intellect, coupé de la nature, cultive trop souvent un monde virtuel et une cruauté intellectuelle qui s'ignorent. Soyons vigilants à cela.

Le bien-être de l'animal engage notre moralité d'être humain. Son besoin de bien-être et d'équilibre est semblable au nôtre.

Retournons à la nature et à l'humilité, à la civilisation... sans lesquelles aucune belle société ne peut fleurir ni aucune personnalité s'épanouir.

 



Le «brevetage du vivant».


   
Voilà bien un terme barbare et presque incroyable, qui convient parfaitement au dogmatisme marchand. 
   
L'instinct prédateur ne se fixe aucune limite : à grand coup de mots, de formules et d'idéologies, il s'approprie tout ce qu'il est possible, y compris les êtres vivants et leur code génétique. Quel larcin, quel forfait !  on évolue dans un burlesque des plus invraisemblables... 

   La nature n'appartient à personne, de toute éternité.


   
Une quelconque espèce végétale a mis des millions d'années à se créer et à déterminer pour elle-même son code génétique. De quel droit et pour quel(s) intérêt(s) se mêle-t-on de lui changer son code génétique ?  Cette question ne semble jamais posée, car l'indifférence à la Nature prédomine chez l'être humain.
Or, cette question est un préalable et relève de l'éthique la plus élémentaire. 

   Modifier aussi brutalement le génome d'un être vivant n'est rien d'autre qu'une action prédatrice, expression de l'ignorance et de l'agressivité envers une autre espèce.

        
   
Ce n'est pas à des industriels et marchands de décider de cela, ni à tous ceux qui les soutiennent. 
   Si dans des cas exceptionnels on peut modifier le génôme d'un être ou d'une plante, c'est selon des critères éclairés et supérieurs, qui excluent par avance toute visée mercantile ou scientiste. Car prédation économique et scientistes archaïques se tiennent la main dans cette affaire. Les politiques ferment les yeux et suivent docilement «la voie du Progrès», qui n'en est point.

   
La chose est si risible et grave que des lois-filou tentent d'empêcher de petits jardiniers et agriculteurs de disposer librement des semences de leur jardin, que de tout temps ils ont plantées et échangées ! L'inculture la plus grossière se lit dans les cerveaux qui ont fomenté cette folie du brevetage...

   
Quant aux plantes génétiquement modifiées (OGM), pour prétendument améliorer les récoltes et le bien-être humain, faut-il les encourager ?
   
Pendant des siècles passés, l'être humain s'est maintenu en vie sans OGM. Outre que ces OGM ne fonctionnent pas à moyen terme, et qu'elles comportent un risque inconnu (pour la plante, pour la santé et pour l'éco-système), elles ne sont pas même nécessaires. Il ne s'agit que de vendre et de mettre sous dépendance les agriculteurs.
   
C'est l'économie humaine mal organisée qui produit les disettes. C'est la mauvaise politique qui crée la désorganisation, l'imprévoyance et les pénuries. Les OGM n'apporteront pas de remède à cette incurie, à l'injustice, à l'incompétence dans les choix politiques, agraires et économiques.
Un progrès technique, dans ces conditions, ne profite plus qu'à quelques uns qui toujours le détournent de son objectif. 
Le rendement des plantes traditionnelles est bien suffisant pour nourrir l'humanité au sein d'une organisation sociale adaptée.


   
Enfin, redisons-le, l'Homme n'est pas un apprenti-sorcier à qui le monde entier appartiendrait. La manipulation génétique est dangereuse si elle n'est pas justifiée par des considérations éthiques. Une telle réflexion n'est guère à la portée du grossier être humain actuel, empêtré dans ses conditionnements. 
La question se pose également en médecine ; chaque cas est particulier et doit être étudié. On ne peut parler ni trancher en brassant des généralités.

   
La bonne foi, la raison, la vertu, sont des qualités immatérielles en apparence, mais qui conditionnement notre survie. Elles peuvent jaillir d'une rencontre de points de vue, et les techniciens d'un domaine quelconque ne les détiennent pas forcément. 
Comprendre la dynamique de Vie, en se désengageant des archaïsmes, doit nous éclairer en cela.



 

La relation au corps.


   Chaque personne renferme en elle un merveilleux réservoir de nature qui est son propre corps.

Il nous faut le respecter et l'estimer. Ceci dit sans nombrilisme, bien au contraire. Il nous appartient... d'en prendre soin, et à la fois il ne nous appartient pas. Le corps est un autre perpétuel, il est le résultat d'une interaction longue et continue avec l'environnement physique et relationnel, auquel il participe. Il en conserve l'empreinte et les besoins physiologiques, qu'on ne saurait négliger.

Il n'est pas question d'écrire ici un couplet puritain et austère prohibant tous les excès.

Des « excès » modérés et occasionnels, qui n'attentent pas à l'intégrité du corps ni de l'esprit, ne constituent pas un problème.

   Nous souhaitons mettre en exergue que l'homme courant, en s'éloignant de la nature, s'est aussi éloigné de la perception de son corps et de ce qui est bon pour lui. Notre mode de vie insensé, livré à l'insécurité et à la concurrence, à l'ambition et à la lutte quotidienne pour le gagne-pain, a induit en nous un état de désunion d'avec le corps (notre nature profonde). Notre rythme intérieur, l'intimité de l'être, la sagesse qu'il renferme, nous échappent, et nous lui portons atteinte à notre insu. La sagesse du corps, nous la combattons pour ainsi dire.  

   La mécanisation à outrance, intrusive, a fait régresser des fonctions vitales de l'être humain. Sans l'assistanat de tout un appareillage industriel, il ne sait se maintenir en vie. Et moralement, l'effort physique redouté a cédé la place à la toute puissance de l'intellect. Ce qui pose problème non seulement au niveau individuel, mais aux plans social et économique.

Des valeurs et idéologies diverses ont pris le pas sur la perception du bien-être véritable. Des modes de vie aberrants, impropres à son équilibre, et un malaise sous-jacent, en ont découlé.

   A son insu, ''l'Homo-industrius'' a opéré une régression dangereuse pour sa survie et pour sa santé mentale et morale.

 

   L'activité physique est particulièrement nécessaire, non seulement à la santé du corps, mais aussi à l'équilibre de l'esprit. Elle est aussi celle qui permet de cultiver son jardin, de construire une maison, etc, et d'être autonome et solidaire avec ses voisins. Ce besoin d'activité physique est méconnu par un grand nombre d'entre nous, qui n'y voient là qu'une affaire de goût et de convenance personnelle.

Nos dirigeants fameux, qui décident pour tout un peuple, ont eux-mêmes rarement la vertu de l'effort physique ; ils traitent fort mal socialement les personnes dont le travail est tout en pénibilité. Le bourgeois calfeutré a droit à tous les égards, tandis que le tâcheron, ouvrier ou agriculteur, qui produit leur confort, est relativement méprisé ou ignoré. Son salaire est indigne au regard des efforts qu'il fournit.

   Or, un effort physique régulier et raisonnable n'est nullement infamant. Il participe à l'humilité de l'âme, à son épanouissement et au bien-être tout entier. Pourquoi livrer les uns à une souffrance physique excessive, à une usure prématurée, tandis que tous les autres se refusent aux efforts ?

 

   Courir, faire du sport ou d'autres activités, découvrir les capacités étonnantes de son corps, est enthousiasmant. Cela semble difficile à entendre lorsqu'on a de tout temps fait une croix sur l'activité physique. Il est vrai qu'alors une transition très progressive est nécessaire. En quelques semaines, en quelques mois, une transformation s'opère. Le corps se met à parler, à exprimer son bien-être lors d'une activité physique bien menée. La sensibilité au corps se fait jour, mais aussi celle envers les éléments naturels auxquels on sent appartenir : l'air, la lumière, les sons proches ou lointains, les matériaux qu'on manipule, etc. 

   Celle ou celui qui a retrouvé le sens de l'effort physique est plus à même de faire preuve de compassion envers la souffrance physique d'autrui, quoique cela ne se vérifie pas toujours.

   L'embourgeoisement excessif de nos sociétés dites modernes, et le fléau d'une spécialisation à outrance, ont induit un être humain handicapé, inadapté à sa propre survie en dehors du mode industriel : peu apte aux tâches agricoles, à pouvoir construire lui-même sa maison, à user d'un sens pratique. L'organisation industrielle des tâches a dérapé jusqu'au non-sens, dangereusement.



Médecine et remèdes.


   Il n'est pas question pour l'heure de recommander tels ou tels remèdes ou pratiques de santé. C'est un travail qu'il conviendrait de faire, en y associant patients éclairés et spécialistes délivrés de tout dogmatisme. Faire la synthèse, recenser les méthodes thérapeutiques qui fonctionnent pour telle ou telle affection, à commencer par la prévention. Ceci, sans accepter une obédience quelconque, l'autorité d'un seul homme, ni le poids du nombre de personnes rassemblées autour d'eux. On ne doit valider que ce qui a été expérimenté sérieusement, ce qui vaut autant pour les médecines naturelles que pour la médecine allopathique, dont certains médicaments sont inutiles, voire même nuisibles, et destinés à alimenter des profits, nous l'avons dit.

   L'équilibre global (aux plans physique, sensoriel, et relationnel / 
cf : La nature humaine fondamentale), l'état de santé, a régressé chez l'être humain contemporain. Certes, on vit plus longtemps, on mange plus à sa faim, on soigne des maladies. Mais une modernité abusive nous a rendus dépendants et privés de nos capacités innées. L'endurance physique, une certaine capacité d'auto-guérison, le lien humain, ont régressé. Le mode de vie industriel et urbain a favorisé cette perte de repères intimes
Ne dit-on pas que les animaux, dans la nature, sont tous plus ou moins des sportifs de haut niveau ? Non qu'il faille élever l'espèce humaine à ce standard, mais enfin l'embourgeoisement facile (le réflexe d'accumulation et de prédation, jamais satisfait...) a trop souvent fait de nous, occidentaux, des êtres qui mangent trop et ne se dépensent pas assez. Tout cela nuit en partie à l'équilibre de l'esprit, à nos choix et à nos jugements.

   Par ailleurs, la médecine scientiste, ainsi que la pharmacie à visée commerciale, se sont pour l'essentiel détournées des remèdes naturels ; au lieu d'en valider les traitements efficaces et de les enseigner aux médecins. Elle en viennent même à les combattre, de façon hystérique et aveugle, comme si tout n'était que charlatanisme. (Pour ne pas perdre, sans aucun doute, leurs affreuses «parts de marché».) Les remèdes naturels, lorsqu'ils existent, comportent en général peu d'effets secondaires, et néanmoins nombre de nos Docteurs préfèrent les ignorer...
   Mais "le scientisme", en médecine ou ailleurs, est une vision archaïque de la modernité et de l'efficience : fantasme de puissance, sophistication de l'outil, du médicament, action sur le symptôme physique et plus rarement sur ses causes. 
On se désintéresse du patient, "du terrain", psychique ou physique, de son environnement, sans rechercher l'équilibre général du corps et du mode de vie. 
Une telle suffisance relève de l'incompétence. Or, le scientisme n'est pas la science, et c'est précisément pourquoi on le rejette. Il est pétri d'idéologie de puissance, d'intérêts égocentriques, et mélange d'authentiques connaissances et techniques avec des préjugés inobjectifs. La médecine résulte alors en un dogme, un point de vue tribal qui profite à ses membres et leur institution (
conditionnement archaïque de Groupe).

   L'idéologie inverse existe : certaines "médecines alternatives" sont pétries de croyances elles aussi ; les opportunistes et leurs remèdes fumeux ne manquent pas. Les approches dernier cri, dans l'air du temps, peuvent s'avérer plus ou moins efficaces ou nuisibles. On ne doit valider que ce que l'on a expérimenté, sans parti pris pour ou contre. 
Et, pour une même efficacité, le remède naturel, moins cher à produire et sans effet secondaire, lorsque c'est le cas, doit être préféré ; à l'inverse de la logique commerciale actuelle (qui est 
prédation et mépris de l'autre).  « D'abord ne pas nuire » (Hippocrate).


   Alors que les comptes de la santé publique sont dans le rouge, la prévention et les remèdes naturels pourraient y remédier. Mais ils ne coûtent pas grand chose et sont donc bannis par l'idéologie médicale : les médecins les ignorent, vu qu'ils ne rapportent 
pas assez d'argent aux laboratoires et au lobby médical en général.
La perspective de 
faire de l'argent, et d'un statut social jugé prestigieux, a malheu- reusement poussé vers les professions médicales de nombreuses personnes... Ce contre-sens dans la moralité induit le dévoiement de la médecine et de sa mission. Quel paradoxe !
   Toute notre société, fondée d'abord sur l'enrichissement personnel et la vanité, a été dévoyée dans son éthique initiale. Et ce, dans tous les domaines de la vie.


   La médecine officielle, quoique étant "une médecine industrielle et mercantile" qui manque à sa tâche, ne saurait être rejetée en totalité. 
   Oui, elle s'intéresse trop peu, et non en priorité, 
à la prévention et à l'état de santé
   Elle se soucie d'avantage de la maladie car il s'est développé tout un commerce autour d'elle. Elle sait réparer une jambe cassée, mener à bien des opérations chirurgicales complexes, administrer des soins d'urgence, mais elle s'occupe assez mal des malades à l'hôpital et notamment des personnes âgées. 
L'information précise du patient sur son affection peut beaucoup aider à sa guérison, car alors il en devient l'acteur. Mais une condescendance déplacée (la vanité 
hiérarchique), des négligences, la méconnaissance par le médecin de son patient et de son mode de vie, à qui il consacre peu de temps, induisent à l'hôpital des erreurs graves voire fatales pour le patient.
   
Cependant, la qualité du diagnostic (...et non la détection des causes du mal), la réparation, la chirurgie, font partie des attributs positifs de la «science officielle» qu'on ne peut rejeter en bloc. 
   C'est l'idéologie qui nuit à la vraie science, du fait de tous les intérêts égoïstes qu'elle draine dans son sillage. Et une science sans humilité, sans désintéressement, n'est plus tout à fait une science.



La honte de la nudité.
 

   Un autre aspect que j'aimerais esquisser ici est la honte de la nudité, dont seul l'être humain est affligé.

   Se couper de la nature, de sa nature, c'est aussi redouter de se montrer nu, tel que l'on est, moralement ou physiquement. Notre conscience est à ce point refoulée qu'elle a inversé la perception des choses et cultivé la honte de la nudité. Etre nu (être à nu) c'est être plus authentique.

Il convient bien entendu de se vêtir lorsqu'il fait frais ; mais pourquoi faut-il sur une plage, et à tout moment, voiler son corps. Le propos n'est pas de choquer autrui, par démagogie, mais d'en examiner les motifs cachés. D'où vient cette contrainte sociale ?

   D'une façon générale, nous sommes devenus ce que nous paraissons être : l'apparence donnée par les vêtements et non ce que nous sommes. Le statut social, l'Identité, s'affichent à travers les habits que l'on porte. C'est donc ce statut que l'on juge au lieu de s'intéresser à la personne elle-même. Il est dès lors malaisé de se mouvoir dans l'innocence de sa personne. La nudité du corps appelle celle de l'esprit.

   ...L'identité affichée (voir : La nature humaine conditionnée) est une arme féroce pour figurer ou pas sur l'échiquier social, tout en stratégies et en luttes. Nous avons ainsi perdu le contact originel avec notre corps, et notre véritable nature nous est étrangère. L'on craint de se montrer vulnérable, tel que l'on est.

   Dans un autre registre, mais amalgamée aussi à la nudité, est la honte associée aux excrétions du corps. Elle relève également de cette identité honteuse, trop fière et vaniteuse pour se voir associée avec ''la basse nature''. Et ces fonctions du corps, avec la nudité, sont méprisées en bloc, extraites de leur contexte. L'impureté n'est pas dans le corps, mais dans les pensées et croyances qui l'ont avili, et que nous colportons encore inconsciemment. 
   Il est navrant de constater à quel point nos sociétés violentes ont inversé les notions de bien et de mal, de pudeur et d'impudeur. La question ne se pose même plus. La pudeur se tient dans la nudité du corps et des intentions. Dissimuler et voiler son corps à tout propos est une allusion sexuelle en soi. Elle trahit chez l'être humain une obsession et une psychose, sources de conflits intérieurs et relationnels. La perte de l'innocence, la peur envers la convoitise ou le jugement des autres, la vanité de l'identité, ont inversé les notions de pudeur et d'impudeur. La pudibonderie et l'obscénité sont les deux extrémités d'un même bâton.
Or, sans le retour à l'innocence, nous sommes perdus... La question de la nudité physique n'en est qu'un aspect. Ne focalisons pas dessus outre mesure.
   Ceux qui ont séjourné dans les lieux de vacances «naturistes» savent qu'il en résulte un respect réciproque accru entre les personnes. Nulle débauche en ces lieux. Les fardeaux de la honte et de l'obsession sexuelles n'y ont plus court. Car la personne y est considérée dans sa totalité et non selon une apparence extérieure, qui n'a rien à cacher. Mais à la notion de naturisme je préfère encore le naturel, tout simplement...
   Je ne préconise pas ici de jeter ses vêtements en l'air pour aller se promener nu dans la rue. Que ce soit en privé ou en public, on ne saurait imposer le naturel à quiconque se méprendrait sur son sens. L'impudeur serait alors de choquer gratuitement ! (Ce serait une forme d'agression.) Un changement de culture se fait par la pédagogie et progressivement ; et le vrai et le faux sont pour l'heure livrés aux idéologies.

   Mais, concernant la nudité, le corps voilé et dissimulé, c'est particulièrement la sexualité qui pose problème à l'être humain conditionné. 
Le tabou sexuel est inhérent au problème et je le développerai dans un prochain chapitre  (
Féminin/masculin).





Relation à l'Univers.


    La nature, nous nous sommes coupés de son infinité... pour nous enfermer dans la finitude, qui est l'entropie, qui est la destruction de «l'environnement», afin de se rassurer, de la coloniser, la dominer et «l'exploiter». La destruction de l'Autre, et non l'amour...

Mais l'infinité est la sagesse et la voie du bonheur. 
Cet enfermement sécuritaire dans une finitude s'exprime par ailleurs à travers l'enfermement dans la notion de  «temps», née de l'imagination conditionnée.

Cette illusion du temps handicape notre liberté intérieure et notre vision de la vie.

 

Le « Temps » n'existe pas !

 

   De manière concrète et réelle, sans ésotérisme fumeux, le Temps n'existe pas en réalité.

   Nous vivons dans un éternel ''présent'', où ni passé ni futur n'existent. Mais ce présent vivant, bien entendu, se modifie à chaque instant. Un changement d'état, ou de positionnement dans l'espace, est la seule chose qui se produit. Ce que nous appelons « temps » est tout au plus une convention d'écriture, pour désigner ce changement d'état au sein d'un espace donné. Ce changement d'état et cet espace sont les qualités d'une même matrice : l'univers.

 

   Après tout, qu'est-ce-que le ''temps'' ?

   Il se décompose en heures, en minutes, en secondes ; mais qu'est-ce-que 24 heures par exemple ?

C'est simplement le déplacement de la Terre dans l'espace, où elle exécute un tour complet sur elle-même. Et, une année, c'est encore une fois du mouvement, à savoir le déplacement de la Terre pour exécuter un tour complet autour du soleil. Tout cela n'est que déplacement dans l'espace, et non du temps. Aucun temps n'intervient dans cette affaire.

L'aiguille de l'horloge marque ''24 heures'', mais elle ne fait qu'aligner son déplacement sur celui de la Terre, effectuant un tour complet sur elle-même. Elle permet donc de connaître ''combien de mouvements sont nécessaires'' pour parvenir d'un point à un autre, ou pour changer un état en un autre. Il n'y a pas de temps ; tout cela s'effectue dans le présent qui se modifie...

En conclusion, ''le temps'' n'est en réalité qu'une codification du déplacement des corps au sein d'un espace donné : pour nous, le système solaire et la Terre.

Dès lors, ''le temps'' est relatif à l'environnement physique au sein duquel on évolue. Et il ne s'agit donc pas de « temps ».

 

Cristallisation de l'esprit et du mode de vie dans le ''temps''.

 

   L'insécurité de l'être humain, la peur pour la survie, l'ont arraché à son éternel présent... pour le jeter dans la peur du lendemain. C'est-à-dire dans la crainte de l'inconnu, la crainte de la rencontre à venir, de l'événement incertain...

Ce traumatisme psychologique, cette insécurité intérieure, ont induit la division entre « passé » et « futur ». Notre sens d'Identité a cristallisé cette division psychologique, induisant la nécessité intérieure de se sécuriser, induisant le besoin impérieux de devenir quelque chose ou quelqu'un, dans le futur, pour se sécuriser socialement.

Stress intérieur, perte de sérénité et de liberté au jour le jour.

 

Le temps est donc une abstraction, une projection de l'intellect humain sur la réalité : imagination, univers mental, intellect conditionnés par l'insécurité et la Peur du lendemain.

 

   Ainsi, le temps n'est pas seulement une illusion sur le plan psychologique et relationnel (comme l'a bien exprimé J. Krishnamurti / cf : The Ending of time), mais j'ajouterai qu'il est aussi une illusion au plan scientifique, une illusion tout court. Il est une interprétation erronée de l'espace et de sa plasticité (de son mouvement, avec tous les corps et substances qui s'y meuvent).

Le temps des horloges n'est donc qu'une convention d'écriture ou de langage, et nous le conserverons ainsi pour l'heure...

 

   Cette prise de conscience peut toutefois modifier considérablement notre perception et notre approche de l'Univers et de la Vie.

Le fait de se projeter dans l'avenir, de vouloir acquérir ou devenir quelqu'un pour se sécuriser, est le mouvement de l'insécurité intérieure et crée « le temps », psychologiquement. L'homme moderne, on le sait, court après la montre et sa vie intérieure en a pâti.

 

   En réalité, nous vivons dans un éternel présent capable de se remodeler à l'infini, en dehors de la prison sécuritaire du temps et de l'Identité, façonnées par notre intellect.

Les sentiments d'éternité, de liberté, retrouvent leur saveur perdue...

 

 

   ( Relation à l'Univers / à suivre...)



                                                                          *
                                                                  




      
En conclusion,  il est vital de sortir de notre aveuglement généralisé, envers la nature et envers notre mode de société actuel.
Il est possible d'accéder à une modernité véritable, qui allie la protection de la nature à une technologie non agressive. En sortant de notre modèle bourgeois archaïque, notre prédation sur la nature se relâchera. L'équilibre économique, écologique et humain est parfaitement possible dans ces conditions. A quoi s'ajoute la nécessité d'une décroissance de la population humaine.

  
   
Hélas les tenanciers de l'économie marchande ne l'entendent pas ainsi ; ils n'entendent rien. Ils radotent le cliché d'un retour au siècle dernier ; ridiculisent la notion d'équilibre pour imposer celle d'une Croissance instinctive. 
Des économistes «matures et avisés» susurrent à l'oreille de politiciens dociles et incompétents : 


   
Que nous disent les idéologues de l'économie productiviste et marchande ?

 
  
. ils prétendent que ce sont eux qui créent des emplois, mais ils font l'inverse : 
    ils suppriment des emplois. 

   
Ils n'ont plus besoin de nous, et dénient le droit de vivre pour tout un chacun.

  
. ils prétendent se soucier de protéger la nature, mais ils font l'inverse : 
    ils continuent de la détruire et de la détrousser.

   
Halte aux imposteurs,

    ils ont 
une vision passéiste de la modernité, une vision archaïque du « Progrès », de la technique et du développement. En vérité, c'est l'instinct le plus étroit qui commande : prédation, accumulation, concurrence, guerre économique sans fin...


Allons-nous ouvrir les yeux, cesserons-nous de nous laisser bercer de faux discours ?  
    Faut-il nous en remettre encore et toujours aux instincts de prédation, aux idéologies grégaires qui ont prouvé leur faillite... 

   
Allons-nous reprendre la main sur notre destinée, ou l'abandonner aux plus avides qui ne veulent rien voir ni rien lâcher ?
   
Allons-nous opérer une révolution dans nos coeurs et nos esprits, ou bien allons-nous fléchir... renoncer au sens même de notre Vie.

     
Il faut le décider et changer maintenant de mode de vie. On ne peut plus attendre que les choses empirent.


      La nature ne peut être sauvée, si l'on n'abandonne pas d'abord l'économie productiviste de concurrence et d'accumulation, qui est le moteur de la destruction et du pillage. C'est la priorité, et «la protection de l'environnement» vient après.

   
Mais bien sûr les deux doivent s'accomplir en parallèle, car il y va d'une seule et même responsabilité.




           [...fin provisoire du chapitre-résumé  ''
Relation à la nature et à l'Univers''.]