L'économie.



      ( fléau des instincts d'Agressivité-concurrence-prédation,

        d'Appropriation-accumulation, et de Groupe.)

 




     Si l'on se mêle de réformer l'économie actuelle sans examiner les fondements sur lesquelles elle repose, on s'expose à des échecs répétés. Or, c'est ce que nous faisons.

Nous posons un diagnostic superficiel et erroné, et nous tentons de remédier à nos crises actuelles par des réformes improbables et inefficaces, issues des mêmes idéologies qui les ont engendrées.

Que nous changions le système ou les hommes, qu'une révolution renverse une élite ou une autre, toujours d'autres les remplacent qui reproduisent, selon d'autres modalités, les mêmes élites corrompues et le même système injuste. Cela vaut pour l'économie.

 

   Mieux vaut poser un diagnostic correct, en profondeur, que d'accompagner ''les experts'' dans de stériles et interminables discussions pseudo-économiques.

   Nous ne prétendons pas ici «raser l'ancienne économie d'un trait de plume», mais plutôt reconstruire sur ses cendres et, mieux encore, anticiper l'effondrement programmé de celle-ci, en préparant une alternative viable. 
Des solutions anticipées et réfléchies, au lieu que l'imprévision, valent mieux que le chaos économique et social dont nul ne sait où il peut nous mener.

 

  - Je me permets d'user de certaines redites, s'agissant de poser un nouveau principe -



                                                                                  *

 



   L'économie actuelle n'est que la projection dynamique de l'organisation humaine "statique" décrite plus haut, avec ses divisions arbitraires.

   Cette conception de « la société » en un morcellement des intérêts particuliers et des préférences de Groupe, a pour effet d'engendrer un mode d'économie désastreux, qui autorise bien des abus et laisse sur le pavé beaucoup de monde. 
(Jusqu'à ce qu'il s'effondre tout entier – car, si vous ignorez l'autre, vous signez votre arrêt de mort tôt ou tard.)



   Elle instaure une violence économique omniprésente dans laquelle chacun se retrouve piégé, soit en la subissant, soit en la perpétrant. L'équilibre matériel et relationnel ne peut s'y réaliser durablement.

Aussi, pour l'heure, ce que nous qualifions d'économie n'en est point.



...Qu'est-ce que l'économie ?

 

    L'économie réelle  est la seule qui mérite le nom d'économie.

   Il convient de la redéfinir, car elle est de nos jours source de confusions.

 

   L'économie n'est que l'organisation permettant de pourvoir aisément aux besoins essentiels de chacun, en équilibre et en harmonie avec la nature : nourriture, habitat, vêtements, santé, transports, et quelques autres objets et services propres à nous faciliter la vie.


   
Appelons donc « économie réelle » celle-là seule qui pourvoit aux besoins élémentaires de chacun; cette organisation sociale permet et favorise le bien-être, c'est-à dire 

  l'équilibre aux trois plans :   (cf : la Nature humaine fondamentale.)
 

. la survie physique : eau, nourriture, vêtements, abri, logement,

. le bien-être sensoriel : liberté d'être, environnement non contraignant, santé,

prévention intelligente des dangers majeurs, transports,

administration simple et légère, autonomie, éducation

et sciences adéquates, temps libre, loisirs, arts et sciences

non élitistes, liberté de se déplacer et de voyager, etc.

. la dimension relationnelle et affective : finalité ultime pour l'être humain, est

favorisée par l'organisation sociale adoptée :

...plus de compartimentages hiérarchiques ou territoriaux, plus de spécialisation outrancière, mais des passerelles horizontales de solidarité, d'éducation, de travail en commun, de recherche et de coopérations salutaires dans tous les aspects de la vie quotidienne. L'espace possible pour se connaître, enfin... et aller à la rencontre du monde, de chacun, de la Nature. Individualité et universalité retrouvées.



   Cette économie réelle, donc, pourvoit aux besoins élémentaires de chacun et existe sans la notion d'appropriation personnelle (le libéralisme, le capitalisme) ou collective (le collectivisme, le communisme). Ces dernières sont des idéologies primaires et archaïques, issues des conditionnements étroits que nous avons exposés ( Agressivité, Appropriation et accumulation de biens matériels, soumission à un Groupe, etc ).

L'économie réelle tient compte de l'équilibre global des individus et de la nature. Cela en soi est assez simple à réaliser, et nécessite une somme de travail fort raisonnable pour chaque individu. Ceci étant, lorsque la solidarité préside à l'organisation sociale et que chaque individu y participe. 
C'est cela, 
l'économie réelle.

C'est une clé d'accès à la liberté : sur le plan matériel, mais aussi sur le plan sensoriel et relationnel. (Une mauvaise organisation matérielle rejaillit sur la liberté sensorielle et sur la qualité des relations humaines.)



   Mais, avec l'économie archaïque, c'est tout l'inverse.

   Les conditionnements et instincts asociaux se projettent évidemment sur l'économie humaine, introduisant la déraison dans la manière de gérer et de produire les biens et les services. Actuellement, on qualifie abusivement ''d'économie réelle'' toute une économie fictive, marchande et bureaucratique, qui n'en est point.



   L'économie véritable est donc la manière la plus simple et la plus intelligente qui soit de pourvoir aux besoins matériels et élémentaires de chacun, en occasionnant le moins de destruction possible sur la nature, et le moins d'aliénation possible pour l'individu.

Principe « d'économie » : être économe. Voici l'économie réelle dans son essence.

 

Elle est l'organisation matérielle et sociale qui favorise la liberté  [ c'est-à-dire le bien-être aux plans matériel et physique, sensoriel, et relationnel.]

 

Elle vise non point à assurer la croissance indéfinie des uns ou des autres, mais à assurer l'équilibre pour chacun : ni trop, ni pas assez.

Elle met à contribution les uns et les autres de façon modérée, pour la production des biens et denrées et autres services nécessaires à la vie. Une telle organisation est simple à mettre en oeuvre de nos jours, si l'on use à bon escient des progrès de la technologie. Nous montrerons cela dans le chapitre final.
 

Mais ce beau principe d'économie n'est pas viable, tant que les cerveaux restent conditionnés sur le mode archaïque : on aperçoit partout la cupidité à court terme et grandissante, attisée par la concurrence entre divers Groupes, nations et entreprises ; la destruction et l'appropriation des ressources naturelles et humaines au profit de quelques uns, ou d'un certain nombre, qui capitalisent la richesse et les ressources à l'infini, bien au-delà du raisonnable.

Au détriment de la nature, des plus pauvres, et même d'une « masse populaire » sans horizon, entraînée dans cette compétition économique effrénée, anesthésiée par l'opium de la « consommation », privée de liberté et du sens de sa vie.

...par le fait que cette logique de concurrence économique ne peut produire que ce résultat. Un être humain névrosé a produit une économie névrosée, traumatisme résiduel de son ''évolution'' chaotique.



L'économie archaïque.
 

   Depuis les premiers âges, l'être humain s'est efforcé de trouver sa subsistance pour lui-même et ses proches, chacun grattant dans son coin et pour soi-même en quelque sorte. Ce qui est une manière très compliquée et dangereuse de gagner sa vie, au lieu que de songer à coopérer pour alléger sa tâche réciproquement.

Une coopération partielle a existé : coups de main entre familles et fermiers, entre tribus ou nations, création d'entreprises (regroupements d'intérêts individuels mis en commun = Groupe archaïque), mais insuffisamment, du fait d'une division instinctive inhérente à la structure de Groupe.

Chaque individu, famille, entreprise ou nation, ont ainsi façonné une économie morcelée, non point harmonieuse et simple, mais sujette à l'isolement et à la concurrence entre individus, entreprises et Groupes constitués. Chacun ne visant qu'à sa prospérité propre en premier lieu. J'insiste sur le fait qu'il s'agit là d'un réflexe conditionné et non d'une fatalité.

C'est là le concept standard et par défaut d'une économie archaïque, la nôtre... dont nous mesurons la faillite aujourd'hui ! Il est de plus en plus difficile de survivre quand la solidarité est faible, dans une économie concurrentielle parvenue à saturation ; et très facile à l'inverse d'y parvenir, quand la coopération est à la hauteur...

 

   L'économie réelle est une économie sociale où nulle personne, ni riche ni pauvre, n'est assistée, puisque chacun y participe et pourvoit aux besoins de tous. (Ce qui est sans rapport avec le communisme étatique, nous le verrons plus loin.)

   L'économie archaïque, l'économie fictive et mercantile, l'économie marchande et concurrentielle, ou encore libérale, quant à elle, ne se soucie pas d'assurer le bien-être de chacun. Elle le prétend, mais n'est pas réaliste ni crédible. Elle pose la croissance et l'enrichissement personnel, ou celui de l'entreprise, ou d'un quelconque Groupe d'intérêts, comme une fin en soi et un précepte généralisé. Abus de liberté qui empiète sur la liberté d'autrui et l'étrangle.

Ce précepte est le cas le plus répandu mais il n'a rien d'universel : il n'est pas viable !

Il est une idéologie, non objective, et la transcription directe en réalité des instincts de Peur/concurrence, Agressivité, Appropriation, et Groupe.

 

Or, une véritable économie peut fonctionner, qui ne repose pas sur ces déviations malheureuses. Il n'y a pas d'idéalisme en cela mais une vraie possibilité d'agir.

 

L'économie réelle, par définition, tient compte de l'équilibre global des individus et de la nature. Elle n'est plus source d'aliénation ni de destruction.

   Avec deux à trois jours de travail en moyenne par semaine (ceci n'est qu'un ordre d'idée, qui peut s'apprécier au mois ou à l'année), compte tenu que l'on met chacun à contribution, l'on pourvoit aisément à toute l'économie réelle. 
Nous le montrerons plus loin. En effet, on a éliminé tous les emplois inutiles qui, actuellement, viennent gangréner l'économie réelle sans y contribuer. 
(Voir la liste, non limitative, de ces emplois et activités, en annexe.)

C'est là un choix de société, et même de sociabilité : on ne délègue plus les tâches pénibles à certains, car tous y participent. Et dès lors, le temps qui leur est consacré est minime ; elles n'ont plus rien de pénible et se révèlent attrayantes dans un esprit d'équipe.

 

   La spécialisation exclusive et à outrance n'y est plus de mise. Chacun retrouve alors son espace de liberté, et le moyen de se prêter à d'autres activités, apprentissages et découvertes, arts et sciences, etc.

Et nos « spécialistes » d'hier, enfants de la concurrence et du productivisme, y retrouvent quant à eux le sens des réalités perdues : d'avantage d'humanité, de nouveaux savoir-faire, la conscience de l'Autre, la découverte du monde de façon concrète, au-delà de toute spécialisation.
L'expertise s'avère indispensable dans des domaines pointus, mais la spécialisation abusive, 
exclusive, telle que nous la concevons actuellement, est néfaste.

En outre, cette spécialisation a pour corolaire fâcheux de coïncider avec « l'irrésistible nécessité de s'arroger un os-à-ronger ». En effet, elle assure à la fois un gagne-pain et une position plus ou moins valorisante socialement. Avec pour conséquence de déresponsabiliser les individus globalement, d'induire une attitude égocentrique et des conduites irresponsables au sein d'un domaine réservé.

   L'on rira un jour de cette société humaine caricaturale, où certains étaient spécialisés dans la pomme-de-terre, la vaisselle ou le service à table, et d'autres dans la science, le bâtiment, la mécanique, le maraîchage ou la philosophie, sans rien connaître ou si peu de l'activité des autres. Et cela pour toute la vie en général, afin d'en tirer un gagne-pain : '' Faut bien vivre !'' Spécialistes incapables de construire une maison, de cultiver un jardin et de ne pas mourir de faim de par eux-mêmes.

Ainsi formatés, comment espérer d'eux qu'ils se mobilisent pour transformer harmonieusement le société.

   La spécialisation-mode de vie est une calamité de l'économie productiviste. Tant de gens muselés à un gagne-pain et à une routine de vie aliénante, où il faut sans fin et à tout prix produire du résultat et faire acte de présence pour gagner de l'argent ! même en l'absence d'utilité sociale avérée...

 

 

Réfutation de l'économie libérale et du collectivisme.
 

   Qu'il se dise de droite ou de gauche, le libéralisme est un idéalisme et un extrémisme qui s'ignorent, si l'on en juge par les résultats qu'il produit.
Il est archaïque et asocial par nature. A peine peut-on le qualifier d'idéologie, tant il est simpliste et se rapproche de la loi de la jungle.

Les économies actuelles dites libérales privent nombre d'individus de tout ou partie de leurs libertés essentielles. Le peuple qui les cautionne s'enchaîne lui-même à son insu. Il est invraisemblable de les tenir encore pour un modèle de démocratie.

Elles aboutissent tôt ou tard à une mise en coupe réglée des libertés publiques, où les besoins essentiels et les commodités élémentaires vous sont progressivement facturés. Etranglement de la vie et des individus dans l'étau d'une convoitise marchande barbare... Une telle économie qui n'atteint point son but et le dessert n'en est point une. 

Elle représente donc une économie fictive et mercantile : économie archaïque et asociale, fondée sur la concurrence et l'Appropriation inutiles mais instinctives : accumulation de ressources et de biens au-delà même du nécessaire, pour soi-même et ses proches, par l'entremise de l'argent.  Et l'esprit d'Entreprise est un tribalisme féroce.

Dans sa version aiguë, le fantasme de puissance (l'agressivité satisfaite pour elle-même) commande notamment : capitalisme triomphant, sans limite, victoire de la prédation personnelle, ou de l'entreprise, domination assise effrontément, au détriment des libertés et de la survie de chacun.

 

   Faut-il qu'un homme peine à survivre, tandis qu'un autre gagne dix fois ce qui lui est nécessaire pour vivre ? Faut-il détrousser Paul et le mettre au chômage pour enrichir Jacques indûment ? Forfait perpétré contre son semblable au nom d'une « concurrence » proclamée.

   Aussi simpliste que l'on trouve cette comparaison, elle est à l'aune de notre lamentable économie. A ne savoir coopérer suffisamment, enfermés dans des modèles archaïques, nous nous détruisons réciproquement par un mode d'économie inintelligent.

 

   Il est stupéfiant de constater le nombre de personnes "intelligentes", selon les critères courants, qui acceptent de se plier à ce système insensé, au lieu de s'employer à créer un autre mode d'organisation sociale...

Leur créativité, leur ouverture d'esprit, leur lucidité, sont happées par le système actuel, par l'instinct de suivre le Groupe, et par le conditionnement puissant et à court terme de ''l'os-à-ronger'' (terme disgracieux il est vrai, mais hélas adéquat, évoqué dans les premiers chapitres.). Sécuriser sa position personnelle à court ou moyen terme, plutôt que de tisser des liens humains et économiques authentiques.

Forte imprégnation de cet instinct  ; et conformisme inconscient aux valeurs obligées. 

 

   Marchandisation de toutes les relations et exploitation réciproque.
 

   Nous avons créé la société des marchands. Et la place publique n'est plus envahie que d'un tumulte de commerçants, d'employés, de politiciens, de scientifiques, d'artistes, de philosophes ou gourous, qui tous cherchent à se vendre. Mais en refusant de travailler ensemble, en courant chacun vers notre petit gagne-pain, et notre ambition possiblement satisfaite, nous avons scellé notre destin commun.

Les rapports marchands ont chassé les rapports humains.

La société implose, corrompue dans tous les domaines par la nécessité inventée de « faire de l'argent », pour soi-même, en dépit du bon sens.
 

   L'exploitation de l'un par l'autre prédomine. Notre économie se réduit à un empilage de prédations. Outre les entreprises aux emplois mercantiles, les administrations, publiques ou privées, voient chacun s'arroger un os-à-ronger (un bon gagne-pain pour soi et un territoire d'influence sur l'échiquier social). L'estime et la responsabilité envers la personne humaine (''l'autre'') tendent a disparaître, au nom de cette logique ambiante archaïque et hiérarchique. Cruauté administrative, abus et passe-droits gagnent progressivement du terrain, au détriment des administrés.

Barbarie administrative, puissance anonyme, s'exercent face à l'individu isolé et vulnérable.

    L'esprit d'entreprise, tout comme l'esprit d'administration (le corporatisme, l'esprit de corps, la bureaucratie) coïncident avec l'esprit tribal, et c'est là le danger. 
Le ver est dans le fruit.

L'intérêt d'un Groupe constitué, ou d'une pseudo-élite, joue contre l'intérêt de ''celle ou celui-là qui n'est pas de mon Groupe''.

Pouvoir... sur la liberté des autres : qui gratifie au passage l'instinct d'agressivité hiérarchique et de sécurisation personnelle.

 

   L'économie fictive et mercantile induit un esclavage au quotidien pour tous ceux qui travaillent, sur le mode productiviste.

Elle induit aussi des millions d'emplois parasites socialement, émanant du seul désir de faire de l'argent ou d'en contrôler l'usage, et non de suppléer à l'économie réelle.

Il s'agit bien d'une économie fictive, détournée et même parallèle pourrait-on dire, car ces emplois ne sont utiles en rien à produire les denrées et services réellement nécessaires à la vie. Une foultitudes d'emplois parasites qui jouent contre l'intérêt public (voir, sur ce lien, la liste partielle de ces emplois) afin d'alimenter un commerce prédateur et insensé, ou une bureaucratie toute puissante. L'abstraction de « l'argent » (voir plus loin), et la défiance réciproque qu'il suscite, ont créé ces emplois aberrants.

Or, l'abandon progressif de l'économie marchande et du fonctionnement bureaucratique autorisent une administration simple, où circulent les responsabilités. Cela permet de supprimer nombre d'emplois inutiles qui ne participent pas à l'économie réelle et qui vivent à ses dépens. Il est fort possible de s'écarter de ce modèle caduque d'économie.

Il n'est pas compliqué d'en sortir...



   On peut décliner à l'infini les tares de l'économie actuelle, à l'idéologie primaire de « Concurrence et Croissance ».

Je n'en ai pas la place dans le cadre de ce résumé et me contenterai d'évoquer quelques aspects nécessaires et suffisants.

   Cette économie, qui n'en est point, induit un véritable massacre sur le plan de la bio-sphère comme sur le plan social et de la qualité de vie. L'idéologie archaïque de Croissance 
( = 
instincts de domination/prédation, d'appropriation des ressources, d'accumulation de richesses et de conquête) voit notre Terre-mère agressée et condamnée à moyen terme.

Ses ressources naturelles sont mises à sac ; les méthodes de production industrielle et de l'automobile ignorent effrontément le réchauffement climatique.

   Concurrence et croissance sont des déclarations de guerre inavouées envers l'humain et la nature. Cette dernière sera toujours perdante et la dernière roue du carrosse, malgré toutes les bonnes résolutions proclamées. 
On dit les choses qu'il convient de faire, et qu'il faut protéger l'environnement, mais nos conditionnements inconscients nous empêchent de les accomplir.

C'est que l'idéologie-même de notre économie est prédation et pillageCqfd

 

 

   Au plan social, je le redis, l'idéologie archaïque de concurrence consiste de façon imbécile à détrousser Paul pour enrichir Jacques, réduisant les uns au chômage et à l'indigence, et les autres en un esclavage au travail. 
Mode de vie stupide et indécent au plus haut point.

D'autant que les progrès technologiques, à même de nous libérer tous, sont entre les mains des plus prédateurs : gens qui se sont hissés en haut d'une hiérarchie économique et politique et qui ne lâcheront pas l'affaire. Le sort des autres et de la planète reste une abstraction, dans leur cerveau d'insecte et de prédateur à court terme.

« Succès économique ! succès narcissique ! » fausse sécurité enfin acquise... après des centaines de milliers d'années de Peur conditionnée et de lutte pour la survie et le pouvoir...

« Le conditionnement est une affaire qui marche ! » Mais à court terme.

Le libéralisme s'effondre, anéanti par lui-même... 
Sa frauduleuse propagande de la concurrence et du ''mérite'', son idéologie du succès à court terme, pour soi-même et ses proches, en étaient le moteur, et ça ne marche pas !

 

Le collectivisme.
 

   En réaction au capitalisme, et non sans une certaine bonne foi au départ, qu'il faut saluer, le communisme apparut, imposant hélas les tares d'un collectivisme étroit et conformiste, productiviste et hiérarchique, sans rapport avec la liberté.

Là aussi, les individus n'y sont pas responsables et autonomes. Ils y sont trop spécialisés, comme dans l'économie capitaliste. De fait, ils se cantonnent à leur petit gagne-pain et à la fonction sociale qui leur est dévolue.

La hiérarchie sociale, la soumission au chef et à « l'organe central » qui commande, y est maintenue. Il n'y a pas de concurrence économique entre les individus, encore que, mais concurrence et productivisme s'expriment envers les nations ou les Groupes voisins, selon qu'il s'agit d'un pays ou d'une collectivité plus réduite.    
Le collectivisme est une structure de Groupe classique, de type ''attitude grégaire''.  (Voir plus haut : "La nature humaine conditionnée''.)

Dans les faits, la plupart des conditionnements asociaux sont maintenus, qui ne contribuent pas à faire de nous des individus libres et épanouis.


   On le voit, quelque système ou idéologie qu'il se donne, l'être humain conditionné reproduit le même moule par lequel il est né et qui l'a jeté dans les fers....
 
   L'embrigadement, de droite ou de gauche, ou quel qu'il soit, est de mauvais augure. C'est la question de savoir si l'on veut être esclave au nom de l'individualisme, ou au nom du collectivisme ( = une « solidarité » idéologique et non authentique), issus des instincts asociaux d'agressivité et de Groupe. 
Il est préférable de ne s'embarrasser d'aucun des deux.


   L'économie réelle, donc, pourvoit aux besoins élémentaires de chacun et existe sans la notion d'appropriation personnelle (le libéralisme, le capitalisme) ni collective (le collectivisme, le communisme) par lesquelles l'individu est laissé pour compte.

Ces dernières sont des idéologies primaires et archaïques, issues des conditionnements étroits que nous avons exposés (Agressivité, Appropriation et accumulation de biens matériels, soumission à un Groupe, instinct moutonneux et hiérarchique, formatage idéologique sensé justifier ces abus).

 

   Ainsi, le libéralisme capitaliste, l'économie concurrentielle, le collectivisme aliénant, aux quatre coins de ce monde, ne sont que l'émanation des vieux conditionnements de l'être humain. Il ne s'agit pas là de respectables idéologies économiques, mises au point par des experts avisés. 
Il faut en prendre conscience, ne plus s'illusionner sur eux et y remédier.

 

   L'animal sain d'esprit, journellement, se préoccupe de se nourrir et de trouver abri, en coopération avec ses congénères, ce qui ne lui prend qu'une partie de la journée lorsqu'il est bien organisé, et cela n'a rien de déplaisant. 
Le reste du temps, cet animal se consacre au bien-être associatif : repos, volupté, améliorer son environnement, venir en aide à ses congénères si besoin, se distraire plaisamment et s'éveiller aux merveilles de l'existence, relation à l'univers physique, intérieur, relationnel, à l'amour, qui tous ensemble ne font qu'un et que nous avons morcelés...


   - Voici l'écart de l'être humain à l'animal sain d'esprit.

 

 

                                                         *

 

 

Mythes et considérations annexes sur l'économie :

(non développés ici, mais dans la version longue. Pardon pour les redites...)



   L'argent   est un concept et une abstraction redoutable : un symbole abusif d'appropriation personnelle, une illusion trompeuse sur laquelle repose notre vie quotidienne. C'est une convention injuste qui permet (de justifier) l'accumulation déraisonnable de richesse et de pouvoirs grandissant entre des mains égocentriques. Contrôle et asservissement des uns par les autres, perte de la réalité humaine et écologique. Tout système économique fondé sur l'argent, et non sur le besoin réel de chacun, cesse tôt ou tard de répondre aux besoins élémentaires de tous et s'écarte de l'économie réelle. On veut gagner de l'argent, à tout prix, et l'on ne se soucie plus de savoir si l'on crée du tort à autrui ou à l'environnement.
   C'est ainsi que le système financier est irresponsable par nature, vu qu'il ne prend en compte que les intérêts mercantiles de quelques uns et à court terme. Il engendre des déséquilibres de condition inévitables, des injustices croissantes et insupportables.

L'argent consiste à fonder une société sur le business et non plus sur les rapports humains. Ce qui revient à ignorer la réalité. Ainsi, notre économie présente n'est plus qu'un vaste casino, irréaliste, dont les règles sont immorales au départ, et à l'arrivée, dans des proportions exponentielles. L'économie marchande, est un véritable étau, qui se resserre de jour en jour sur les individus et leur autonomie. Ce type ''d'économie-monopoly'' est une faillite programmée.

Fondée sur la prédation personnelle et la convoitise, l'économie de l'argent est un puits d'irresponsabilité et de corruptions en tous genres. L'intérêt individualiste en est le ferment, et il prend toujours le pouvoir à la fin... C'est l'anti-thèse même de l'économie, au plan écologique et social. 

   C'est toute une civilisation qui s'est engouffrée dans cette impasse.

 

(lien vers : « l'argent », version longue)

 

 

Au travail !

 

   La belle phrase de Karl M. (...que je n'ai pas lu par ailleurs) : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » est une déclaration d'intention louable, mais qui ne prend pas en compte suffisamment l'état d'une nature humaine conditionnée.

D'où l'échec de son idée, et la dérive en un communisme oppressant, étatique et bureaucratique, incluant spécialisation à outrance et productivisme. La liberté n'est toujours pas au rendez-vous, ni individuellement ni collectivement...

Une vision entière et cohérente de l'être-humain, alliée à une autre éducation, eut porté de plus grands effets.

Beaucoup de personnes croient encore « être utiles à la société en travaillant dur », tandis qu'elles oeuvrent péniblement dans des emplois stupides ou aliénants. Qu'ils ont du mérite en effet... mais que de souffrances inutiles elles s'imposent ; au lieu de vivre libres, dans un mode de vie cohérent, dont elles ne soupçonnent pas la possibilité.

La croyance ancienne qu'il faut travailler dur pour gagner sa vie est particulièrement ancrée. Le courage est indispensable en effet, mais ne justifie aucunement l'aliénation dans un emploi quelconque ou des études. Routine sordide, bien au-delà du raisonnable, qui joue contre l'intelligence et la joie de vivre.

Le travail, tel que nous le vivons actuellement, est un statut d'esclave amélioré. Aberration contre laquelle si peu s'interrogent et se rebellent !

Il est la conséquence d'une société prédatrice, productiviste, capitaliste ou socialiste, qui ne vise pas à libérer l'individu mais à produire... « de l'argent », de l'accumulation de richesse, personnelle ou étatique; et non du bien-être social.

« L'irrésistible nécessité de s'arroger un os-à-ronger » nous aveugle et nous enchaîne au travail, aussi dur soit-il. L'instinct grégaire nous pousse en avant et occulte la réflexion.

L'intelligence sociale permet d'atteindre facilement un bien-être matériel et social, par un mode d'économie équilibré.
 

La modernisation de la technologie,  

   ...qui pouvait être utilisée avec raison, a été en quelque sorte
kidnappée par l'économie concurrentielle et productiviste : la facilité à produire les biens nécessaires à la vie de chacun a été appropriée et détournée pour en accaparer le profit, au détriment d'alléger le sort et le travail de tout un chacun, à qui pourtant elle était destinée. Cette technologie s'est faite industrie du pillage et de la pollution à grande échelle, au lieu de savoir être technologie légère de taille intermédiaire.

Voici la règle impitoyable à plus ou moins long terme de l'économie concurrentielle et mercantile, productiviste, capitaliste ou communiste.

   Ainsi mal utilisée, l'évolution technologique fait autant de mal que de bien. Surfant sur la croyance populaire du Progrès, l'industriel roué prétend agir pour améliorer le sort de l'humanité. Rouerie sans scrupule qui ne vise qu'à alimenter ses profits, ou ceux de l'Etat, sans se soucier des conséquences environnementales et sociales.



Le mythe du Progrès et de la modernité.

 

   Une émission télévisée, diffusée sur la chaîne ARTE en 2012, s'intitulait «Survivre au progrès».

J'estime pour ma part que, prisonniers des instincts que j'ai exposés, et d'une telle ''logique économique'', qui n'en est point, on ne peut survivre au progrès.

Héritée des premiers hommes, la croyance en l'outil, qui en se modernisant avait toujours apporté un mieux être aux individus, nous aveugle. Par ignorance, par instinct sécuritaire, nous avons fait de l'outil, et donc du Progrès, un mythe ancestral et une fin en soi. Une idéologie, en somme, associée aux instincts de sécurisation, de puissance, d'accumulation et de conquête. Mythe d'une « modernité » systématiquement jugée positive pour l'être humain.

L'outil... des premiers hommes, dans notre conscience ancestrale.

   Or, le pouvoir de nuisance des outils a considérablement augmenté, entre les mains d'un homme archaïque qui n'a que fort peu progressé en sagesse et qui se connaît mal lui-même.

Un tel « Progrès », fruit de l'idéologie et non de la lucidité, n'est que la loi de prédation habillée de modernité. Il met en péril l'équilibre de l'humanité et de la planète entière. Cependant, nos croyances ont la vie dure et nous empêchent de voir cela. Et le grossier libéralisme, archaïque s'il en est, ose encore et toujours se piquer de modernité ! avec ce mythe du Progrès auquel il nous enchaîne...

C'est là une imposture qui s'ignore, une fuite en avant. Avec une conception aussi absolue, il n'y a pas de progrès au final mais une destruction sociale et écologique. Ce bémol vaut également pour tout ceux qui ont fait de la science et du scientifique un demi-dieu sur terre, au prestige incontestable. La véritable science est capable de se limiter, et refuse la loi du marché dont elle est aujourd'hui l'otage et le complice.

 

   Jeunes gens, qui voulez vivre libres, souhaitez-vous changer ce mode de vie absurde, où l'on vous gâte aujourd'hui d'objets dernier cri, en vous privant demain de liberté et des moyens de subsistance ? Conserverez-vous ces idéologies économiques aberrantes, et allez-vous demeurer esclaves de ceux qui « vous dirigent » et vous emmènent là où ils veulent... On a globalement la société qu'on mérite. Soyez attentifs.

Nous nous sommes enchaînés au progrès au lieu qu'il nous libère. Voilà le paradoxe.

 

   L'innovation technique et la modernité sont heureuses lorsqu'elles visent à l'équilibre, et non à la Croissance, et à libérer les individus, au lieu de les aliéner. Et lorsque de surcroît « le Progrès » détruit l'équilibre écologique, il se disqualifie lui-même. La technologie doit s'efforcer d'être légère, de taille intermédiaire, non agressive, et propre à assurer l'autonomie des ressources localement, pour l'essentiel. Cela n'exclue pas des technologies pointues en tant que de besoin, mais sans le dogmatisme technicien et scientiste, hérité de l'instinct grossier de domination...



Croissance et Décroissance.

 

   La croyance de «Croissance» est une vision passéiste de la modernité et du développement. C'est  l'idéolo gie d'un prédateur, et un concept mégalomane, indépendamment de la réalité écologique et sociale.

L'équilibre, et non la croissance. L'équilibre, et non l'embourgeoisement telle une fin en soi. La Croissance sans fin est une idéologie insensée, celle d'un prédateur qui se mord la queue et scie la branche sur laquelle il est assis.

 

   Et que dire de la «décroissance», ou de la «simplicité volontaire»? 
On ne peut s'empêcher de saluer ces démarches. Mais il est à craindre qu'elles ne constituent des contre-idéologies, et donc des idéologies elles-mêmes, sources de formatage grégaire et non d'intelligence individuelle.

   A la décroissance je préfère l'équilibre, et à la ''simplicité volontaire'' la simplicité elle même, qui est une si belle chose... La décroissance n'est pas une fin en soi, elle n'est ni une posture ni un morceau de bravoure. C'est l'équilibre qu'il nous faut rechercher : décroître sérieusement l'embourgeoisement ici, et améliorer les conditions de vie intelligemment là-bas, où la technologie fait défaut. A l'aide de solidarités et d'une technologie légère, intermédiaire, non agressive, qui n'est point « la croissance » instinctive ni le Progrès idéologique.

Le savoir-faire, la créativité technique, oui. La prédation et la puissance, non. Recherchons l'équilibre et l'autonomie, plutôt que la croissance ou qu'une décroissance absolue.

   Donc, pour les pays en voie de développement : l'équilibre aussi, et non la croissance. Ils ne sauraient aspirer à l'industrialisation sur le mode des pays bourgeois : plus prompte serait la chute, tant les écarts de richesse seraient rapides et impitoyables. On l'observe déjà, ici et là. 
L'équilibre heureux, et non l'idéologie de Croissance : ''accroissement'' des moyens de subsistance, jusqu'à atteindre une autonomie matérielle et libératrice, cohérente socialement et  écologiquement. 
Tout cela va de soi... mais mérite d'être exposé plus loin.  (Voir le dernier chapitre, à venir : L'alternative...)

 

Embourgeoisement  et croissance économique procèdent d'une même idéologie au sein des pays développés.  (instincts d'Accumulation et d'Agressivité = Prédation et conquête)


   A moins d'être un peu niais, on voit bien qu'une économie fondée sur l'équilibre ne signifie pas un retour à l'âge de pierre. Renoncer à l'embourgeoi-sement n'est pas renoncer à tout confort. C'est assurer une production simple et pour tous des articles nécessaires à la vie. C'est utiliser en commun des biens qui peuvent l'être, au lieu de tout posséder en propre. C'est consommer moins d'énergie. C'est renoncer à la gabegie d'articles systématiquement renouvelés qu'exige le modèle concurrentiel pour se maintenir. C'est redevenir créatif soi-même, et avec d'autres, en personnalisant les objets que l'on utilise, en sachant les réparer, en proposant des innovations simples et judicieuses ; etc.

   C'est ainsi que le conditionnement d'accumulation, l'hystérie prédatrice, sont flattés jusqu'à l'endormissement par les publicités, les médias, l'industrie, qui agissent en prédateurs-manipulateurs de la population. Cercle vicieux dont il faut se libérer. Car sous des aspects anodins, l'idéologie libérale emmène tout le monde dans le décor. 

L'individu se réduit à un consommateur captif, prisonnier de l'idéologie marchande, du travail ou du chômage, au lieu d'un mode de vie libérateur.

L'exploitation réciproque a conduit à l'avilissement des uns par les autres ; l'embourgeoisement  a grignoté la planète comme un pain de sucre...
 

 

La surpopulation.

 

   Elle est un facteur aggravant et déterminant. Elle surajoute à la prédation économique. La population humaine doit décroître. Une population trop nombreuse, à fortiori embourgeoisée, nuit à l'approvisionnement et à l'équilibre de la planète. Elle est aussi facteur de stress et de conflits sociaux. C'est une garantie pour nos enfants à venir, de ne point leur léguer une population trop nombreuse. On peut se limiter à deux enfants sans se trouver malheureux pour cela. Ouvrons les portes de nos familles et nos familles seront plus nombreuses. Et plus heureuses. Coopérons d'avantage, apprenons à mieux vivre ensemble.



                                                                                    *



   L'économie réelle, que nous présenterons dans le chapitre final (''L'alternative''), est la seule qui mérite le nom d'économie. Elle n'est pas un système mais le fruit d'un bon sens concret.

Il convient de la redéfinir, car cette appellation est aujourd'hui source de confusions.

   De nos jours, avec les meilleures intentions parfois, on qualifie abusivement « d'économie réelle » toute une économie marchande (pour se démarquer de l'économie financière) qui ne l'est pas davantage, puisqu'elle est prédation elle-même et parasite l'économie réelle. 
Du fait de la compétition économique et de l'instinct d'enrichissement (
Appropriation et accumulation) elle conduit également à d'insoutenables injustices et désordres tôt ou tard. 
   Notons-le bien : l'économie financiarisée, la spéculation, l'actionnariat, 
ne sont que l'aboutissement logique et désastreux de l'économie marchande ! C'est une dérive inévitable, d'une manière ou d'une autre : la corruption est inscrite en filigrane dans l'ADN de l'économie marchande. C'est la même philosophie, pauvre et implacable dans son aboutissement.

 

   L'économie réelle est donc celle qui consiste à faire l'économie de la nature, des ressources, et du travail humain, en assurant l'économie sociale nécessaire à l'humanité. 
   Et, au-delà des seuls êtres humains, celle qui consiste à veiller sur la nature. Couvrir les besoins fondamentaux de l'être humain sans occasionner de dommages sur celle-ci. L'être humain n'est en effet qu'un élément de cette nature, qui ne lui appartient pas en propre et qu'il a pour mission de protéger - pari impossible et irréaliste au sein de l'économie actuelle, concurrentielle et marchande. En aucun cas l'exploiter, la dominer et la saccager.
Les interventions humaines peuvent modifier le milieu naturel, sous réserve d'aller vers un mieux être de celui-ci et non de le mutiler.

L'économie réelle est ainsi la seule économie viable et sérieuse qui soit.